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Après une cinglante défaite en ouverture contre l’Australie, l’équipe de France a retrouvé ses fondamentaux et malgré un mauvais match contre la Serbie (remporté on ne sait pas encore comment 76-74), nos Bleus ont enchaîné avec trois succès de rang. Trois succès avant de rencontrer l’épouvantail de la poule, les Etats-Unis de Mike Krzyzewski. Une équipe de stars, ultra-favori de la compétition de basket. Comment s’en sont sortis nos Bleus, orphelins de Tony Parker touché à la cheville ? Entrons dans le cœur du sujet.

Crédit image : AFP/Philippe Huguen

Avant toute chose, petite précision sur le code couleur au niveau des flèches :



Des attaques en verve…

• L’isolation pour pick-and-roll, solution facile

L'un des systèmes les plus efficaces et simple a été a de multiples reprises utilisé par les deux équipes. L'isolation de deux joueurs pour un pick and roll. Rien de plus classique.



Au niveau de la ligne des lancers-francs, il y a une zone où le porteur de balle tergiverse. Donner la balle à l'intérieur qui plonge vers le cercle ? Faire un double-pas ? Shooter à mi-distance ? Quoi qu'il en soit, on voit bien ici que les trois joueurs non-concernés sont très larges sur les ailes, de façon à libérer le champ à l'attaquant, en l'occurrence De Colo.


Après l'écran, De Colo décide d'attaquer le panier puis donner la balle à Lauvergne, enroulant après son écran pour se mettre dans le sens du jeu. Lowry pris dans le block, il se retrouve en retard sur le porteur. Jordan, voyant cela, décide de lâcher le marquage sur le n°7 français pour aider son partenaire. Sur un dixième de seconde, il y a une passe courte simple à faire pour l'arrière. C'est juste une question de timing. Une fois la passe validée, les deux points sont acquis ou presque.



Exactement le même principe pour les Etats-Unis. L'isolation, le block, l'attaque. Mais là où la défense française a fait son travail c'est sur les ailes. Kahudi et Piétrus se détachent de leur attaquant pour se préparer à aider. D'ailleurs, Lowry (porteur de balle) choisit d'y aller seul et se heurte à trois joueurs. Perte de balle, contre-attaque française. En dehors de ce système traditionnel, la France a usé de nombreux systèmes, basés sur des écrans, coupes, etc. Nos Bleus ont eu un vrai jeu « à la serbe ». Du mouvement, des passes courtes et simples. Mais jouer simple, c'est compliqué. Pour preuve, la bande à TP a perdu sept ballons dans la seule première période (contre deux seulement pour les USA).

• Rester très large : la solution pour les USA

Pour optimiser leur jeu rapide et physique, les américains ont souvent opté pour le jeu avec deux arrières, deux ailiers. Une façon de jouer très large (voir photo) qui permet de faire presque systématiquement un jeu en Un contre Un. Des espaces à gauche, à droite, il y a matière pour des joueurs aussi créatifs que talentueux.


• Mais une équipe de franchise player

Si l’ensemble des 12 joueurs de Team USA ont un talent incontestable à leurs postes, il n’en demeure pas moins que l’équilibre manque peut-être d’un peu de cohérence. Notamment sur les postes des 1/2/3 (meneur, arrière, ailier). Un exemple explicite, le nombre de points marqués en saison régulière par huit joueurs de Team USA :


Huit joueurs sur douze dépassent le cap important des 20 pts/match en NBA. Tous, à l’exception de Klay Thompson, sont les meilleurs scoreurs de leur franchise. Ils ont même le rôle de « franchise player », ce sont eux qui ont le ballon dans les moments chauds, eux qui doivent débloquer des situations. C’est ce qu’explique très bien Charles Barkley. « Si vous enlevez DeAndre Jordan, tous les gars de cette équipe sont dominants avec le ballon. Si vous regardez ces joueurs – qui sont tous bons, attention – ils ont tous besoin du ballon. ». Carmelo Anthony remplit à merveille son rôle de patron. Mais les USA sont plus frêles quand l’ancien des Nuggets se retrouve sur le banc. Il manque peut-être un autre leader. Il est difficile pour n’importe quel coach, même pour Krzyzewski, de faire de joueurs finisseurs des joueurs ultra collectifs. Les joueurs ont leurs zones de confort, dans lesquels ils n’hésitent pas à dégainer si le défenseur est en retard d’un quart de seconde. DeRozan à mi-distance, Anthony à 45°, Thompson partout aux trois points, etc… Les joueurs cherchent leurs zones, c’est dans leur nature et on peut difficilement le leur reprocher. Mais parfois, au lieu de calmer le jeu et faire tourner, parfois, les américains partent un peu au casse-pipe. Exemple ci-dessous avec Kyrie Ivring qui part dans un Un contre Trois alors que ses collègues n’ont même pas passé la ligne médiane.


A qui la faute ? Probablement à Irving de ne pas avoir fait preuve d’assez de clairvoyance, lui qui a pourtant un œil exceptionnel. Mais la phase de transition défense/attaque des américains a été bien trop lente. Ils auraient pu offrir un soutien à Irving, laissé un peu seul. Heureusement pour les Américains, qui ont tout de même scoré 100 points contre la France, ils n’ont pas ce genre de problèmes à chaque action. Certains shoots sont pris bien trop rapidement mais il y a aussi eu des actions collectives de classe.

… Des défenses inconstantes

⁃ La zone 2-3 française bien contrée

Dans le cœur du deuxième quart-temps, Vincent Collet, sûrement mécontent de l'individuelle, décide de faire passer ses joueurs en zone 2-3. L'objectif, empêcher le meneur de jeu de passer trop facilement dans le centre du terrain. Mais aussi bloquer les transmissions de balle qui se font trop aisément. Il y a une zone dure dans cette défense (remplie en bleu) où la zone avant ne sait pas trop si elle doit défendre sur le porteur. Même interrogation pour la zone arrière. Et Carmelo Anthony s'est amusé à prendre ce rôle de fauteur de troubles.


Quand il n'est pas allé en tête de raquette, Anthony a apporté un supplément comme nous pouvons le voir ci-dessus. Klay Thompson attaque le panier côté ouvert et dans la fameuse zone, il voit démarqué et Anthony et Durant (ligne de fond). En servant le n°15 américain, ce dernier peut : prendre le tir, servir Durant (vu que Kahudi va venir sur lui) ou alors attaquer le cercle.


Ici, Anthony s'insère dans la zone de danger pour la France. Comme expliqué, quatre bons choix s'offrent à lui. Shooter ? Passer ? On ne pourra pas lui reprocher. Son placement est d'autant plus bon qu'il oblige Gobert à quitter son poste sous le panier pour monter sur le porteur de balle.



En 2 minutes 30 de zone, les USA ont inscrit huit points. Ils ont remarquablement su contrer l'idée de Collet pour relancer sa défense.

• L’individuelle française contrainte à beaucoup d’aide

L’homme à homme a été pratiqué pendant 37 minutes par les Bleus. Parfois avec brio. Des joueurs proches de leurs vis-à-vis, avec les bonnes attitudes défensives. Exemple ci-dessous avec Kim Tillie sur Draymond Green (en haut, avec le ballon), les pieds sur la ligne à trois points. Charles Kahudi (n°8) contrôle Paul George (trop loin pour un catch and shoot) et a une bonne vue sur le jeu. Lauvergne colle Jordan au poste. Diot a les yeux rivés sur Lowry, le seul joueur actif sur cette action. Enfin, Gelabale est en aide si jamais Green parvient à transpercer la défense. Le placement est respecté et d’ailleurs, les USA manquent complètement cette action. Green a pris un shoot forcé longue distance.



Par ailleurs, il n’y a pas eu que du bon dans cette défense française. Le montage suivant fait état d’un problème qui a parfois eu lieu pendant la rencontre : le repli défensif. Ici, nous avons quatre français les yeux posés sur le porteur de balle, Kyle Lowry. Ils oublient même de penser à leur adversaire direct, c’est notamment le cas de Rudy Gobert (quatrième bleu en partant de la gauche) qui zappe totalement DeAndre Jordan, parti vite vers le panier. Lowry voit son pivot partir et libère le ballon en première intention. Le mal est fait et le pivot des Clippers termine tranquillement par un énorme dunk.




Le repli défensif est primordial quand vous jouez les Etats-Unis. Plus physiques et plus rapides que vous, ils n’hésitent pas à vite monter la balle sur panier manqué pour surprendre l’adversaire et inscrire des « points cadeaux ». Remarquables joueurs de transition, les USA n’hésitent pas à user de cette face du jeu pour scorer et, aussi, fracasser le moral des opposants qui n’ont pas le temps de lutter.

Les Américains ont souvent évolué avec deux arrières, deux ailiers écartés. Avec pour objectif de donner un maximum de champ libre au porteur de balle pour attaquer le cercle. Il suffit que le possesseur passe et ça engendre aide, aide, aide. Autrement dit, un décalage monstre qui peut donner des mi-smash : en gros, un petit qui défend sur un grand. Il suffit de servir le grand et là, c’est total régal.

• Thompson : un problème mal géré

30 points à 7/13 derrière l’arc. L’arrière des Warriors a été insolant de réussite à trois points et a retrouvé une adresse portée disparue depuis le début du tournoi (seulement 2,8 pts de moyenne avant ce match !). Comme avec Golden State, il a été largement servi en sortie d’écran. Bien ou mal posé, cela crée un déséquilibre qui lui permet d’enchaîner et marquer.


Pire, l’arrière a parfois été oublié par la patrouille. C’est le cas sur cette capture ou Michael Gelabale opte pour un placement assez inédit. Venu en aide pour suppléer Gobert sur Jordan, le pivot venu en aide lui-même, il ne fait même pas le nécessaire pour gêner l’intérieur US. Il reste derrière,  comme si de rien n’était. Et son joueur, bras en l’air, n’en demandait pas tant. En faisant un pas latéral, il se trouvait dans un champ de passe évident pour Durant qui l’a servi sur un plateau. Pour un shooteur comme Thompson, c’est du pain béni.

Heureusement pour la France, l’un des splash brothers a croqué et a tenté quelques shoots improbables. Ratés. Donnant des possessions faciles.

• Une défense américaine parfois très « flex »

Tom Thibodeau a du grincer des dents. Le head coach de Minnesota, réputé comme un des meilleurs (voire le meilleur) entraîneur en ce qui concerne la défense, a pu voir ses protégés pas au mieux en défense. Alors oui, une photo n’est pas l’œuvre de toute la rencontre mais il y a eu plusieurs cas où la défense américaine s’est montré ultra passive. Plusieurs exemples ci-dessous :


Paul George oublie carrément de surveiller son joueur. Nando de Colo n’en demandait pas tant et s’est jeté dans la zone non-visible pour l’ailier des Pacers. Deux points offerts pour les Bleus.


DeAndre Jordan sous-estime sacrément le shoot de Lauvergne. Servi par Diaw, il se retrouve seul à la ligne des lancers-francs et inscrit deux points devant Jordan, se trouvant deux mètres plus loin.


Servi par Batum sur l'aile, Diaw a largement le temps de prendre un shoot à trois points vu la distance à laquelle Durant se trouve de lui. Mais le pivot d'Utah préfère attaquer. Parfois un peu passifs, les américains ont laissé les français attaquer sans opposer une résistance de tous les instants. Ça explique quelque part la perf' offensive française (97 points). Pour preuve, les Bleus ont inscrit plus de points contre les Etats-Unis que contre le Vénézuela (96 points). C'est pour dire...

Peut-être que les USA ne se sont pas donnés à 100%, c'est même très probable voire certain. Mais la France peut se targuer d'avoir joué les yeux dans les yeux avec les méga-favoris de la compétition. Sur un score final 100-97 et un buzzer d'Antoine Diot, les Bleus ont failli goûter à la victoire face à la Team USA, et ce sans Tony Parker. Avec une défense plus rigoureuse à certains moments, ils auraient accroché ce rêve d'un peu plus près. Klay Thompson en a bien profité pour scorer et planter 30 points. Le facteur X longue distance des EU a retrouvé la forme au meilleur moment, pour éviter à son pays un revers, qu'ils n'ont plus connu depuis 2008.
Après un premier EP et un sacre comme prix du jury des inRocKs lab, We Are Match sort un premier album, Shores, il y a tout juste un an. Pop légère, inspiration venue des jeux vidéos et de l’art, passion commune et osmose entre les membres : le cocktail est réussi. Après une grosse tournée en France et à l’étranger, Aurélien, Paco, Simon, Gwen et Jim ont un peu de temps pour se remettre de cette aventure intense. Paco a répondu aux questions de Modern-Paper.

Crédit image : Pierre Cattoni

Comment avez­-vous réalisé ce premier album, ​Shores ?

En autarcie. On s’est enfermés tous les 5 dans une maison en forêt, loin de l’agitation de Paris. On y a ramené tous les instruments qu’on possédait, des vieux Casiotone, des Yamaha cheapos qu’on a chopés par­-ci par­-là, les cuivres de Simon, le piano de la sœur de Jim… Et on s’est mis au travail. Ça a été un sacré chantier. On est toujours persuadés que c’était ce qu’on devait faire à ce moment là. Comme si un grand bonhomme magique transparent nous montrait le chemin.

Toujours collectionneurs d'instruments en tout genre, donc ?

Toujours. Mais on essaye d’économiser un peu en ce moment pour s’acheter de plus gros jou-jous. Ça lorgne dur sur le Prophet 6.

A quoi ça ressemble, chez vous, la vie en communauté ?

On est devenus un peu fou-fous dans cette maison, c’était un sacré zoo. On passait beaucoup de temps à discuter de ce qu’on voulait faire. Et on jouait à Mario Football aussi. C’était très important, Mario Football.



Le visuel de votre album a été réalisé par le graphiste et artiste croate Patakk. Le précédent visuel du groupe : des chats fantômes. Sur vos anciennes photos, les membres de WAM avaient des têtes de chat. Est­-ce parce que vous souhaitiez ne pas vous mettre en avant ?

Oui. On a mis du temps à accepter le fait qu’il fallait qu’on se montre pour pouvoir diffuser notre musique. Ça paraît logique, on est plus dans le son que dans l’image, mais les gens avaient l’air de tenir à voir nos tronches. Maintenant ça va, on s’y est habitués, c’est cool.

Vous avez été élu coup de cœur du jury des Inrocks Lab avec votre premier EP en 2013, Relizane. Est­-ce à partir de là que les choses sérieuses ont vraiment commencé ?

Oui et non. Avoir pu sortir cet EP avait marqué une sacrée étape pour nous. Les Inrocks Lab, ça a surtout fait plaisir à nos parents, c’était un peu comme si on avait eu notre bac de notre musique. Ça nous a vachement touchés, on ne s’attendait pas forcément à un tel accueil et ça nous a donné envie de continuer.

Le meilleur et le pire souvenir de We are Match ?

Rock en Seine l’année dernière, à la fois meilleur et pire souvenir. On est là pour présenter en avant­-première les morceaux de l’album sous un soleil de plomb. Autant dire grosse pression, on ne fait pas trop les malins. En plein milieu d’un morceau, le courant se coupe à cause de la chaleur. C’est la première fois que ça nous arrive, surtout devant 5000 personnes. Et là, sorti de nulle part, Jim ne se débine pas et entame un solo de batterie de la mort. Les gens se mettent à l’encourager, ça finit à gueuler dans tous les sens. Le courant repart et on vient de gagner le concert.

Vous jouez actuellement dans toute la France. Quelle est la date de votre tournée que vous attendiez avec le plus d'impatience ?

Un festival tenu secret au Portugal, sur une île. On adore les îles. Et les secrets.

Vous êtes passés cet été sur scène en Belgique, en Suisse, aux Pays­-Bas et en Hongrie. Dans quel pays rêveriez­-vous de jouer ?

L’Islande, ça doit être quelque chose. Sinon, on rêve de monter un jour sur scène à Coachella. C’est bien de rêver, ça fait se lever le matin. Même si on a récemment appris que t’avais pas le droit de boire devant les concerts là­-bas. Et ça, c’est vraiment abusé.

Qu'est­-ce qui serait la plus grande consécration, pour vous ?

Du coup, on aimerait bien que les gens aient exceptionnellement le droit de boire à notre concert à Coachella. 

Que faites­-vous ensemble, en dehors de la musique ?

On boit des demis qui se transforment en 4 pintes de picon, on fait des blagues… Et Mario Football aussi. C’est très important, Mario Football.

Votre playlist de l'été ?

Jai Paul, Toni Braxton, Mura Masa (Lovesick Fuck), Fatima Yamaha (What’s A Girl To Do) et le dernier Radiohead.


Propos recueillis par Chloé Marriault pour Modern-Paper.
Un quatuor niçois débordant d’énergie, des sons pop et punchy, des griffures noires sur le visage. C’est ainsi que l’on pourrait décrire le groupe Hyphen Hyphen, créé en 2009. Après avoir sorti deux EP et un album, le groupe est en tournée dans toute la France. Rencontre avec Santa, la chanteuse. 



Vous enchaînez en ce moment les concerts. À quoi ressemblent les mois à venir ? 

De la route, beaucoup de concerts, des fêtes, de la promotion… j'ai déjà dit fête ?

Vous retournez toujours à Nice, votre ville d'origine ?

Oui nous vivons toujours à Nice, pour le soleil.

Comment en êtes-vous arrivé là ?

Grâce à la scène et au bouche à oreille. Nous avons eu la chance de trouver très vite, dès la sortie du lycée, notre tourneur (Les Tontons Tourneurs), ce qui nous a permis d’apprendre rapidement à exister sur scène, à devenir des musiciens aussi.

Vous avez composé et produit vos titres pour l'album "Times". Au final, vous vous êtes retrouvés avec environ 200 maquettes. Comment avez-vous fait pour choisir les titres qui seraient sur l’album ?

Nous composons et écrivons à quatre, donc quand on garde un titre c'est que nous l'avons tous les quatre choisi, et que c'est une évidence.

Pourquoi chanter en anglais ?

C'était une évidence aussi. Nous sommes fascinés par la culture anglo-saxonne, toutes nos influences et inspirations viennent du Royaume-Uni et des États-Unis. Nous cherchons à faire une musique universelle et fédératrice, alors l'anglais nous semblait logique.

Le style du groupe et ses influences semblent éclectiques. Comment vous définiriez-vous ?

Nous aimons le mot pop. Nous avons puisé dans toute l'histoire de la musique et pioché dans des genres très larges pour essayer de trouver notre propre musique… Je pense que la pop permet d'être libre. On y voit ce/ceux que l'on veut.

Vos clips sont souvent très artistiques. Est-ce que cela vient du fait que vous étiez tous les quatre étudiants en arts plastiques ?  

Adam et moi avons étudié brièvement l'image, Zaccharie et Line ont étudié l'art et la communication. Nous sommes de la génération Tumblr, nous piochons et nous nous inspirons énormément de différents mediums.

Vous avez remporté les dernières Victoires de la musique dans la catégorie "révélation scène". Quelles sont vos inspirations, sur scène ?

Nous adorons les gros shows, je pense notamment à Michael Jackson, Madonna, Beyonce, Talking Heads, Coldplay... Des artistes qui remplissent des stades et qui arrivent à exister à une autre échelle, dans d'autres dimensions. 


Sur scène d’ailleurs, vous portez des marques noires sur la visage. Pourquoi ? Est-ce, en quelque sorte, une marque de fabrique, ou cela pourrait évoluer à l'avenir ?

Je pense que nous porterons toujours nos griffures noires. C’est un cri de ralliement. Lorsque que nous montons sur scène, nous cherchons une certaine union, entre nous et avec le public. C’est une conquête.  

Comment vous situez-vous sur les scènes étrangères ?

Nous adorons la Belgique et la Suisse, nous avons et allons y jouer pas plus tard que cet été ! Aussi, nous revenons tout juste du Great Escape Festival à Brighton, au Royaume-Uni, et nous espérons y retourner très bientôt. 

Quelle scène rêveriez-vous de faire ?

Coachella serait superbe !

Des projets particuliers pour la suite ?

Continuer l’immense tournée, la promotion de notre premier album "Times", un clip sur le remix de notre titre Stand Back (Domenico Torti), et… Penser au second album ? 


Propos recueillis par Chloé Marriault pour Modern-Paper.
Le 31 juillet 2016 se sont achevées les Journées Mondiales de la Jeunesse à Cracovie en Pologne. Ce rassemblement initié par Saint Jean Paul II a réuni ces derniers jours autour du pape François plus d'un million sept cent mille jeunes fidèles de multiples nationalités. Pour les Français, qui étaient les plus représentés avec les Italiens et les Polonais, ce temps de fête a été aussi celui du deuil. En effet, à la veille de l'ouverture officielle des JMJ, un prêtre, le père Hamel, a été égorgé par des terroristes islamistes alors qu'il célébrait la messe près de Rouen. Dans le groupe du diocèse de Lyon, nous étions dans un temps de louange au centre de Cracovie lorsque l'on apprit que cette attaque avait eu lieu. Il a ensuite été difficile de composer avec tristesse, peur et malgré tout joie partagée. Finalement, en prenant part à une veillée de prière ou en suivant le jeûne du vendredi auquel avaient appelé les évêques de France, chacun put, au mieux, accueillir cette nouvelle. Et le Pape avait un message à transmettre aux jeunes de France et du monde, pour faire face intérieurement à ces attaques horribles.



Dans une halte imprévue dans une église de Cracovie, François a adressé ainsi cette prière à Dieu : "Touche les cœurs des terroristes afin qu’ils puissent reconnaître le mal de leurs actions et puissent se tourner vers le chemin de la bonté et de la paix, du respect de la vie et de la dignité de chaque être humain, indépendamment de la religion, de l’origine, de la richesse ou de la pauvreté…". La souverain pontife, par ces mots, donnait une clef aux jeunes catholiques meurtris à différentes échelles par le terrorisme, Syriens comme Français. Plutôt que de s'embarquer dans une spirale de haine vengeresse, il leur propose de répondre à la douleur causée par le martyr du père Hamel et des tous les autres par la prière pour les bourreaux. Seul remède selon lui pour bâtir cette civilisation de l'amour que l'Eglise appelle à bâtir en promouvant dialogue et oecuménisme.

Théo Moy, à Cracovie en Pologne. 
Lorsque les beaux jours arrivent et que les vacances se préparent, toute personne sensée prévoit de la crème solaire, des lunettes, pourquoi pas un chapeau. Mais ce que les gens n’oublient que peu dans leurs bagages, ce sont aussi les livres. Comme les cocktails, on n’en trouve de toutes les couleurs, des plus ou moins amers, plus ou moins frais, plus ou moins digestes. Ainsi, nous avons pensé à lancer une nouvelle chronique estivale et hebdomadaire, non pas qui aurait vocation à définir ce qu’est ou non un bon livre, mais qui se veut plutôt un éclairage littéraire, une malle à idées, où l’on pourrait piocher une ou deux idées de lectures, estivales ou non.



« Corniche Kennedy » – Maylis de Kerangal

Si les nuages ternissent quelque peu le ciel bleu estival, vous pourrez compter sur Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal pour vous plonger dans l’ambiance crépitante, lourde et ensoleillée du sud. Et qui brise toute monotonie, faisant défilant l’été à tombeau ouvert entre vos pages.

L’auteure havraise est depuis 2013 sous la pleine lumière médiatique grâce à son – très bon – Réparer les vivants. Détentrice d’une œuvre aussi variée que conséquente (17 livres publiés depuis une quinzaine d’années, dans des registres aussi différents que la littérature pour enfants, le court récit, le roman), elle a depuis le début posé les jalons d’un travail littéraire avant tout porté par un style. Et si son dernier roman est celui qui l’a faite connaître du grand public, Corniche Kennedy me paraît la pierre angulaire de son œuvre. Kerangal taille dans le vif une situation, la ciselle de toutes parts. Et son style ne s’en fait que plus puissant. L’intrigue est simple : l’été, une bande de jeunes qui fait des siennes en défiant l’autorité, des sauts depuis la corniche, un commissaire inquiet et impuissant. Le décor est minimal, le véritable moteur romanesque résident dans le style ; avec un rythme très haché, Maylis de Kerangal fait tournoyer les personnages devant les yeux du lecteur, de plus en plus vite. Jusqu’à précipiter le tout, du haut d’une falaise en une course poursuite. Deux tensions cravachent le récit : l’hésitation, le trouble, l’excitation de sauter, qui grisent cette bande de jeunes et happent le lecteur au plus près, le faisant personnage à part entière et non plus spectateur. Mais la seconde tension nous ramène à notre rôle d’observateur : la police coursant les jeunes, les jeunes fuyant. Mais Corniche Kennedy ne peut pas s’apparenter à un polar, même partiellement. Cette fuite en avant n’est que le résultat d’une mise à plat du rythme effréné martelé au fil des pages par Kerangal. Mais cette écriture peut trouver de la réticence, elle déroute, chahute le lecteur, mais rend la lecture ô combien plus intensive et vivifiante. Une lecture de plage qui ne fait pas se dorer au soleil, mais balloter par les flots.



« Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants » – Mathias Enard

Pour ceux qui cherchent la douceur dans l’été, le livre du dernier prix Goncourt fond sous la langue. Les courtes phrases d’Enard se font aériennes, colorées, et dorlotent le lecteur. On a connu Enard dans un style extrêmement saturé, frisant parfois la limite de la profusion ; il est ici plus posé, presque plus naïf. Mais on retrouve tout le goût de l’érudition, les mots qui explosent de saveurs, dans cet opuscule. On suit l’arrivée de Michel-Ange à Constantinople, chargé de construire un point, son premier ouvrage colossal, pour le sultan Bajazet. Entremêlant les pages de journal de voyage, de journal intime, de réflexions sur l’art et de narration pure, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est un roman qui se déploie et brasse le lecteur dans un infini des possibles. Délaissant les projets littéraires d’ambition, Enard se recentre ici dans une forme plus directe, plus sensible, qui ne désarçonnera pas le lecteur, comme pourrait le faire Zone ou Boussole. Le dernier lauréat du Goncourt dépeint à la fois une Constantinople aux milles parfums, des rues baignées de soleils couchants, mais aussi un Michel-Ange en proie aux tourments du quotidien, sommé de respecter sa commande mais ne trouvant pas la clé de voûte de son art. Il bute sur ce pont qu’il veut majestueux mais dont il ne parvient pas à dompter les contraintes physiques. Il veut réinventer l’architecture, mais se confronte à son peu d’expérience dans le domaine ; ainsi il esquisse, observe, se documente, retravaille. Mais son esprit n’est pas le seul troublé, ses sens aussi : difficile de résister aux déhanchés de la capitale… Difficile de ne pas se laisser également envoûter par ce petit livre, qui vous fera voyager dans les parfums et l’art !




Corniche Kennedy – 2010
Maylis de Kerangal
Folio
192 p.
ISBN: 978-2072406782

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (Prix Goncourt des lycéens 2010) – 2013
Mathias Enard
Babel
160 p.
978-2330015060
Lorsque les beaux jours arrivent et que les vacances se préparent, toute personne sensée prévoit de la crème solaire, des lunettes, pourquoi pas un chapeau. Mais ce que les gens n’oublient que peu dans leurs bagages, ce sont aussi les livres. Comme les cocktails, on n’en trouve de toutes les couleurs, des plus ou moins amers, plus ou moins frais, plus ou moins digestes. Ainsi, nous avons pensé à lancer une nouvelle chronique estivale et hebdomadaire, non pas qui aurait vocation à définir ce qu’est ou non un bon livre, mais qui se veut plutôt un éclairage littéraire, une malle à idées, où l’on pourrait piocher une ou deux idées de lectures, estivales ou non.



« L'Écrivain national » – Serge Joncour

Ecrire sur sa propre profession, sa propre pratique est devenu monnaie courante chez les auteurs. Dicker nous a proposé un écrivain superstar, Foenkinos dans son dernier roman un écrivain brumeux, Henri Miller dans Crazy Cock un looser incapable de publier quoi que ce soit. Et la liste pourrait encore s’allonger à loisir. Mais avec ce roman, Joncour s’écarte de toute dimension métatextuelle ; son personnage n’est rien de plus qu’un bonhomme s’en allant à la campagne, contraint par la force des choses. Qu’il soit écrivain, boulanger ou secrétaire ne change rien à sa consistance : il est désillusionné, brouillon, maladroit, simple, bon vivant, attachant. Joncour a cette capacité-là à nous faire rentrer dans un quotidien sans relief, dans un petit village de campagne qui semble s’être arrêté le temps du passage de cet écrivain de fortune. Mais que les autorités ont eu bon cœur d’inviter, pour animer la vie culturelle de cette calme bourgade. Joncour se joue de l’écriture, cet écrivain national est malmené par les différents personnages, et il porte lui-même une lucidité acide sur son sort. Il ne fait pas grand-chose en somme. Personne ne le connait. L’humour qui saupoudre autant les dialogues que les considérations du narrateur transforme ce récit assez plat en quelque chose d’une extrême vitalité. Ce n’est jamais une démonstration d’humour, mais un voile qui enveloppe la narration, la rend plus cocasse, moins froide. L’Ecrivain national est d’une légèreté rafraichissante, mais non pas superficiel.




« L’angoisse du paradis » – Yann Fortier

L’été est le moment idéal pour faire des nouvelles rencontres, avec qui organiser un barbecue par la suite. Mais c’est également le moment idéal pour de nouvelles rencontres littéraires. Et plutôt que de se tourner vers les sempiternels auteurs estivaux, légers, comme Foenkinos, Gavalda, Delerm et consorts, passons l’Atlantique et regardons ce que nous réserve Québec. Pour le lecteur assidu et habitué des maisons d’édition françaises, la première surprise se situe au niveau du design : que ça fait du bien d’avoir un peu de nouveauté en mains ! Déjà le format est inhabituel (il ressemble un peu aux Actes Sud mais en plus petit) et les tons pétillants. Ce qui préfigure un récit détonnant, et cela ne manque pas : il s’agit d’une histoire rocambolesque, loufoque, qui voit Ivan Zolotov quitter son Gorki natal pour suivre le Cirque Volant entre Lyon et Montreux, puis aller à Cuba, et enseigner à Barcelone. Toutes ses pérégrinations sont émaillées d’épisodes surréalistes, drolatiques voire empreints de magie parfois. Mais si le cocktail semble d’emblée détonnant, la progression narrative se fait quelque peu poussive, s’engluant dans l’accumulation de scènes loufoques, trop loufoques. Le surdosage d’adjectifs et d’adverbes donne un côté spectaculaire qui finit par déranger, car on y perd la vue d’ensemble du roman. Comme si l’on assistait finalement à un empilage de scènes humoristiques, sans réelle perspective globale, sans cohérence. Cependant c’est un livre qui plaira à coup sûr aux amateurs de romans décalés, qui préfèrent l’absurde à une trame narrative plus guidée. Peut-être un livre à voir comme une longue succession d’anecdotes. Pour ne pas se prendre au sérieux l’été !




L’Ecrivain national – 2015
Serge Joncour
J’ai Lu
380 p.
8 €
ISBN : 978-2290108192

Dans les forêts de Sibérie – 2011
Sylvain Tesson
Folio
294 p.
7.70 €
ISBN : 978-2072483998

S’abandonner à vivre – 2015
Sylvain Tesson
Folio
256 p.
7.70 €
978-2070463398
Le 15 juillet, une partie de l’armée a tenté de prendre le pouvoir en Turquie. Le 16 juillet au matin, le président Recep Tayyip Erdogan semble avoir repris la main. Le gouvernement turc a annoncé samedi l'échec de la tentative de putsch qui a fait au moins 290 morts et environ 1440 blessés. Ce coup d’État aboutit à un échec des putschistes.



Crédit image : AFP/Dimitar Dilkoff

Quelles sont les raisons de ce coup d’État ? 



Ces dernières années, détracteurs de Recep Tayyip Erdogan, gouvernements étrangers et citoyens turcs ont fait part de leurs inquiétudes sur sa tendance grandissante à l'autoritarisme. Arrivé à la tête du gouvernement en 2003 sur les ruines d'une grave crise financière, le chef d'État turc est loué par ses partisans comme l'homme du miracle économique et des réformes qui ont libéré la majorité religieuse et conservatrice du pays de l'élite laïque et des interventions politiques de l'armée. Mais depuis trois ans, il est aussi devenu la figure la plus critiquée de Turquie, dénoncé pour sa dérive autocratique et islamiste. Le chef de l'Etat veut changer la Constitution turque actuelle, rédigée sous l'influence de la junte militaire qui avait pris le pouvoir en 1980 en Turquie. Cette réforme a essentiellement pour but de faire passer la Turquie d'un régime parlementaire à un régime de type présidentiel afin de concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. 
Or, l'homme fort du pays possède déjà un pouvoir politique, économique et médiatique inégalé dans l'histoire moderne de la Turquie. Selon Aykan Erdemir, chercheur à la Fondation pour la défense des démocraties (FDD) à Washington, la peur au sein de l'armée de ce nouveau système est l'une des raisons de cette tentative de coup, ainsi que "le refus d'Erdogan d'être impartial".



Un coup d’État manqué


Le 15 juillet au soir, un coup d’État est tenté au sein de l’armée turque. Marqué par l’amateurisme, ce coup d’État est un véritable échec. 

Selon Sinan Ulgen, directeur de l'Edam (centre de recherche basé à Istanbul), à la différence des précédents coups, ce dernier n'était pas soutenu par l'ensemble de l'armée, mais mené par un groupe de militaires. "Cela a dépassé la chaîne de commandement : un groupe assez réduit au sein de l'armée, qui a même pris en otage" le chef d'état-major des armées, le général Hulusi Akar, a expliqué à l'AFP Sinan Ulgen. Il poursuit, "ce n'était pas une opération organisée par l'armée, et on l'a bien vu. Sans le soutien total de l'armée, ils ont manqué d'hommes et de compétences".

Selon le chercheur, Aykan Erdemir, l'ère des coups d'Etat réussis - comme en 1960, 1971 et 1980 - est terminée, et l'opinion publique y est en majorité hostile. Cette fois-ci, le pays a fait preuve de plus de solidarité avec le régime civil en place. Les trois partis d'opposition au Parlement ont rapidement condamné la tentative de coup.


Voici les principaux évènements de ce 15 juillet 2016 en Turquie :
Il est 21h30, les deux ponts d’Istanbul sur le Bosphore, qui séparent l’Europe et l’Asie, sont bloqués par des militaires putschistes, qui déploient des tanks à l’aéroport Atatürk. Trente minutes plus tard, le Premier ministre turc Binali Yildirim parle d’une « tentative illégale » de prise du pouvoir. À 22h 30, un communiqué de l’armée turque revendique un coup d’Etat. Les putschistes prennent le contrôle de la télévision publique TRT et affirment qu’ils veulent restaurer « l’ordre constitutionnel, les droits de l’homme et les libertés. » Le chef de l’état-major de l’armée est retenu prisonnier, et le numéro 2 dénonce le coup d’Etat. Une heure plus tard, Tayyip Erdogan s’adresse à la nation en utilisant Facetime, relayé par l’iPhone d’une journaliste. Il appelle la population à « descendre dans la rue pour résister ». À 23h50, un hélicoptère putschiste tire sur des civils et plusieurs exposions retentissent à Ankara près du Parlement et du quartier général de la police. Une foule massive se déploie à Istanbul et se couche ou monte sur des tanks putschistes, avec le soutien de la police, il est 1h00. Quarante minutes plus tard, Barack Obama appelle à soutenir le gouvernement « démocratiquement élu ». L’Allemagne et la Grèce suivent. À 1h45, les pro-Erdogan reprennent le contrôle de la télévision publique. Quelques heures plus tard, Erdogan, qui était en vacances à Marmaris, atterrit à Istanbul. Il promet « une purge » dans l’armée. À 5h45, une cinquantaine de soldats rebelles, qui occupaient le pont du Bosphore à Istanbul, se rendent en direct à la télévision aux forces de sécurité. Dans la foulée, le Premier ministre annonce avoir nommé un nouveau chef de l'armée par intérim. Vers 6h00, Fethullah Gülen, ennemi juré d'Erdogan, condamne fermement la tentative de coup d'Etat dans un communiqué. En tout début de matinée, l'agence progouvernementale Anatolie annonce que 754 militaires ont été arrêtés en lien avec le putsch. De plus, cinq généraux et 29 colonels ont été démis de leurs fonctions. Le chef de l'armée, libéré des putschistes, est conduit «dans un lieu sûr».


Qui est l’auteur de la tentative de putsch ?

Les autorités accusent les gülénistes. C’est le nom donné aux sympathisants de l’imam Fetullah Gülen, réfugié aux Etats-Unis depuis près de vingt ans et dont Ankara demande l’extradition à Washington. Premier ministre à partir de 2003, Recep Tayyip Erdogan en avait utilisé les solides réseaux dans l’administration, la police, la justice et à l’étranger. Pendant un certain temps, on entendait dire que Cemaat (comme on appelle leur communauté) s’était alliée au régime islamo-conservateur de l’AKP, en tout cas entre 2007 et 2012, pour mener les arrestations et procès contre des dizaines d’officiers (et opposants) soupçonnés d’avoir tenté de renverser le gouvernement islamo-conservateur.
 Selon le journaliste Ahmet Sik, qui a enquêté sur la Cemaat et qui a été arrêté et emprisonné pour cela lors de la grande purge des années 2009-2010, un nettoyage des derniers «spécimens» de gulénistes était en préparation. Il est vrai que, pour la seconde fois, le gouvernement avait dressé une liste de militaires (parmi lesquels de supposés gülénistes ainsi que des non-gülénistes dont le principal tort serait de ne pas apprécier Recep Tayyip Erdogan) qu’il devait soumettre prochainement au Conseil suprême militaire pour que celui-ci les expulse de l’armée. Et cette chasse aux sorcières devait aussi toucher d’autres membres de la Cemaat dans d’autres secteurs. Ces futurs limogeages auraient-ils conduit les gülénistes à tenter le tout pour le tout et à organiser ce coup d’Etat en urgence, comme le prétend Ahmet Sik?


Seulement, le nombre des militaires gülénistes est trop réduit pour tenter une telle opération; ensuite, le coup d'État, qui n’a pris place qu’à Istanbul et Ankara n’a, semble-t-il, pas été relayé dans le reste de la Turquie, alors que le mouvement est très présent en Anatolie. De plus, au fur et à mesure qu’ils se sont vus confisquer par le gouvernement leurs journaux et télévisions, les gülénistes ont investi de façon très professionnelle les réseaux sociaux. C’est sur le net –et pas à la TRT, la chaîne publique– qu’ils auraient probablement communiqué et se seraient justifiés. Enfin, le manque évident de préparation de ce coup détonne avec le mode opératoire güléniste.


Reste l’hypothèse que des gülénistes se soient joints à un autre groupe plus important au sein de l’armée, ce qui idéologiquement serait une première et très surprenant. Issus de la gendarmerie, de l’armée de terre et de l’armée de l’air, le gros des putschistes (avec plusieurs généraux et colonels) pourrait être constitué de kémalistes en opposition frontale au président Erdogan. Le kémalisme, du nom de Mustafa Kemal, se caractérise par les "six flèches" : républicanisme, populisme, étatisme, laïcité, révolutionnarisme, nationalisme. Ils auraient échoué à convaincre leur camp de les rejoindre une fois l’intervention lancée. Autrement dit, ce coup d'État n’opposerait plus les laïcs aux islamistes mais révélerait une profonde scission au sein du camp kémaliste, historiquement républicain et laïque, au fondement historique de l’armée turque.


L’heure du "grand nettoyage" pour Erdogan


Ce coup d’Etat raté, c’est aussi l’occasion de faire un “grand nettoyage”, selon l’expression même du président Recep Erdogan, revenu victorieux sur le devant de la scène politique. Tout d’abord dans les forces armées, pas moins de 2839 militaires ont été arrêtés au lendemain du coup de force, dont des centaines d’officiers de haut rang. Parmi eux, il y a les quelques généraux – essentiellement issus de l’armée de l’Air – considérés comme les instigateurs du coup d’Etat. Certains d’entre eux seraient encore en fuite, notamment en Grèce. La Turquie a donc demandé à la Grèce l'extradition de huit putschistes ayant fui à bord d'un hélicoptère. Les autorités ont affirmé que Fethullah Gülen, exilé aux États-Unis, avait été derrière ces troubles. "Je réfute catégoriquement ces accusations", a rétorqué l'imam Gülen, un ex-allié de M. Erdogan devenu son ennemi juré et dont le régime affirme qu'il est à la tête d'une "organisation terroriste". 

Washington, qui va aider Ankara dans l'enquête sur le putsch déjoué, a toujours refusé de l'expulser et a invité samedi le gouvernement turc à fournir des preuves de son éventuelle implication.

Outre l’armée, le gouvernement multiplie les arrestations au sein de l'appareil judiciaire. D'après le ministre de la Justice turc, les autorités auraient déjà interpellé plus de 6.000 personnes. Une vague sans précédent, mais cohérente avec la politique de "purge" de l'administration menée par Erdogan depuis quelques années.

Par ailleurs, Erdogan prévoit de rétablir la peine de mort pour ce "grand nettoyage". 



Quelles sont les conséquences de ce coup d’État manqué ?



Le président turc, Recep Erdogan, tacticien hors pair, verra sans doute dans ce putsch raté une occasion de resserrer son contrôle sur la Turquie, mais il fait face à un dilemme. "Il peut capitaliser sur le fait que tous les partis (politiques) l'ont soutenu et construire une ère de consensus, ou il peut utiliser cette opportunité pour consolider encore plus" son pouvoir, relève Aykan Erdemir. 
Espérons qu’il choisisse la voie démocratique, mais, Erdogan ne ratera jamais une telle occasion de renforcer son pouvoir. 

Jeudi 14 juillet, encore, le terrorisme apparement islamiste a frappé la France et, à travers elle, comme à Orlando et Bruxelles, l'Occident qui combat le groupe terroriste État Islamique. Le plus marquant dans cette très meurtrière attaque, c'est la simplicité de sa préparation qui n'a nécessité aucun achat important d'armes ou de matériel, outre une arme de poing, qui aurait pu alerter les services de l'État. À la lumière de ce changement de mode opératoire par rapport aux attaques de janvier 2015 et de novembre dernier, il faut pousser notre réflexion sur l'état d'urgence. D'abord, il faut reconnaitre une certaine efficacité à la réponse sécuritaire, le nombre d'attentats déjoués en témoigne. Il serait absolument hors de propos de refuser une nouvelle prolongation de cette légitime réaction policière et militaire, car quelques restrictions de libertés sont toujours préférables à la vie de dizaines de femmes, d'hommes et d'enfants. Mais force est de constater que cette réponse n'est pas suffisante, il faut ainsi étendre l'état d'urgence à des domaines non sécuritaires. La lutte contre la radicalisation de nos sociétés est une question sociale, l'intégration des jeunes issus de l'immigration qui sont particulièrement visés par les recruteurs est un enjeu majeur. Une certaine fracture sociale nourrit la montée de la radicalisation et il y a urgence dans ce domaine. Ainsi, il faut étendre l'état d'urgence à tous les domaines d'action non policiers de l'Etat pour construire une réponse à long terme à la menace qui pèse.
Nice, jeudi 14 juillet, un camion fou fonce dans la foule rassemblée sur la promenade des Anglais pour le traditionnel feu d'artifice. Vendredi matin, la France se réveille abasourdie : ce qui est dès lors considéré comme un attentat a fait 84 victimes. Plusieurs personnes sont encore considérées comme « en urgence absolue ». Revendiqué par le groupe État islamique samedi matin, l'attentat a été perpétré par un franco-tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej Bouhlel. François Hollande a décrété 3 jours de deuil national et a annoncé que l'état d'urgence était prolongé pour 3 mois.

Crédit image : Anne-Christine Poujoulat/AFP

Les failles de la sécurité

Après l’apparent succès du dispositif de sécurité mis en place pour l'Euro de football vient la désillusion et les critiques. Pourquoi Nice, réputée pour être un véritable « labo » de la sécurité, où chaque rue est équipée de caméra de surveillance et de capteur, n’a-t-elle pas pu empêcher ce drame ? Christian Estrosi, président de la région PACA s'est vite étonné de la faille dans la sécurité du feu d'artifice : « Pourquoi et comment cet homme a-t-il pu pénétrer sur la promenade des Anglais .Même interrogations à propos du mode opératoire et de l'auteur de l'attentat, un franco-tunisien agé de 31 ans abattu après l'attaque, inconnu des services de renseignement et n'ayant été condamné qu'une fois. Le mode opératoire, déjà utilisé à Dijon en décembre 2014 où un déséquilibré avait renversé 13 personnes en criant « Allah Akbar » avait été peu envisagé par la DGSI. Œuvre d'un déséquilibré ou d'un islamiste convaincu ? Les derniers doutes qui persistaient ont été balayés par la revendication de l'attentat par le groupe État islamique samedi matin. 4 personnes en lien avec le tueur ont déjà été interpellées et les Alpes-maritimes compteraient plus de 500 personnes radicalisées ou en voie de radicalisation.

Cette troisième attaque terroriste en l'espace d'un an et demi est arrivée comme un électrochoc. Pas d'unité nationale cette fois-ci mais des réactions en chaîne, qui rappellent l'échéance présidentielle en mai 2017. Après la virulente critique de Christian Estrosi, c'est la droite toute entière qui s'attaque à la politique antiterroriste du gouvernement . Alain Juppé, favori pour la primaire des Républicains, veut que « des progrès supplémentaires soient faits » quand Florian Phillipot déclare qu' « il faut passer aux actes ».

Polémique autour des médias

Le traitement de la tuerie de Nice par France Télévision et d'autres chaînes comme TF1 a déclenché une nouvelle polémique. La vidéo de France 2 où l'on voit un rescapé de l'attaque interviewé à côté du cadavre de sa femme a choqué tout comme les divers entretiens avec des personnes en état de choc qui ont égrainé l'édition spéciale de France 2. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a déclaré avoir reçu de nombreux signalement après la diffusion de nombreuses images et vidéos du massacre diffusées sur les chaînes françaises. L'application mise en place par le gouvernement à la suite des attentats de novembre pour alerter lors d'une attaque a aussi révélé son inefficacité : l'alerte a été lancée sur les téléphones plus de deux heures après l'attentat.

Quelles conséquences ?

Comme l'attentat du 13 novembre, les victimes ne sont pas seulement françaises : un homme américain et son fils de 11 ans, une touriste suisse, une étudiante russe, trois ressortissants allemands ainsi que des algériens, ukrainiens, chinois et tunisiens ont été tués. Dix enfants et adolescents, plus fragiles, ont été tués. De nombreuses victimes n'ont pas encore été identifiées.

Nice, deuxième destination touristique française, capitale de la Côte d'Azur, risque tout comme Paris de devenir moins attractive aux yeux des étrangers. De nombreuses compagnies de transport ont déjà assoupli leurs conditions d'annulation pour les réservations de trajet vers Nice. Une date symbolique, la fête nationale française, tout comme le lieu, point névralgique du tourisme sur la Côte d'Azur, montre une fois de plus la volonté des djihadistes de déstabiliser la France en son coeur. Le concert de la chanteuse Rihanna à Nice a été annulé, tout comme le feu d'artifice de Marseille prévu le 15 juillet.
Lorsque les beaux jours arrivent et que les vacances se préparent, toute personne sensée prévoit de la crème solaire, des lunettes, pourquoi pas un chapeau. Mais ce que les gens n’oublient que peu dans leurs bagages, ce sont aussi les livres. Comme les cocktails, on n’en trouve de toutes les couleurs, des plus ou moins amers, plus ou moins frais, plus ou moins digestes. Ainsi, nous avons pensé à lancer une nouvelle chronique estivale et hebdomadaire, non pas qui aurait vocation à définir ce qu’est ou non un bon livre, mais qui se veut plutôt un éclairage littéraire, une malle à idées, où l’on pourrait piocher une ou deux idées de lectures, estivales ou non.



« Terrasse à Rome » – Pascal Quignard

Nulle question de petites ombrelles et autres propos mielleux dans ce roman, Quignard nous offre ici un roman fait de petites scènes dont il a le secret. Et place le décor dans une époque tout sauf moderne, puisqu’il s’agit du XVIIe. Comme son fabuleux roman Tous les matins du monde. D’ailleurs à bien des égards, les deux livres peuvent se répondre, comme par exemple la thématique de l’art (une fois la musique, une fois la gravure), et la langue, très fine dans les deux cas, presque précieuse. Quignard nous conte ici l’histoire de Meaume, un graveur français ayant fait son apprentissage à Paris, pour le continuer à Toulouse et partir enfin en Hollande, à Bruges. Il y rencontre le célèbre Heemkers qui lui apprend tout l’art de l’eau-forte. Ce roman est une ode à la manière noire, à l’estampe. Les rêves déchus de Meaume y sont gravés en taille-douce. Sa deuxième rencontre décisive est celle avec Nanni Veet Jakobsz, une jeune bourgeoise dont il tombe immédiatement amoureux, à tel point qu’elle l’obsède, allant jusqu’à conditionner son art. Pour plusieurs raisons, et non des plus heureuses. Si nous nous dévoilerons rien de la suite de l’intrigue – l’un des buts de ces chroniques étant quand même de susciter l’envie de lire les ouvrages présentés aux curieux – il est évident que ce n’est pas un roman placé sous le signe de l’optimisme et de la joie de vivre. Plus dans la nostalgie, le regret et la douleur. Mais fait-on réellement de l’art (autant pour Meaume que pour Quignard) avec des bons sentiments ? Je ne le pense pas. Le récit alterne donc entre biographie de l’artiste, descriptions de ses gravures et réflexion sur l’art et l’amour (« On doit regarder les graveurs comme des traducteurs qui font passer les beautés d’une langue riche et magnifique dans une autre qui lest moins à la vérité, mais qui a plus de violence. Cette violence impose aussitôt son silence à celui qui y est confronté. ») A tel point que l’on se demande s’il est un personnage fictif ou s’il a réellement existé. C’est bel et bien une invention littéraire que ce personnage de Meaume. Une des grandes qualités de ce livre est justement l’emparement d’une figure totalement fictive par Quignard, pour lui donner une véritable actualité et matérialité. Tout est fait pour que l’on se renseigne après sur les ouvres de Meaume. Mais tout se cantonne au roman, il n’existe de Meaume qu’à l’intérieur de ces pages. La langue de Quingard – sans risquer l’analogie trop facile avec la technique de l’eau-forte – se veut concise, tranchante, abrupte mais très travaillée. Presque précieuse parfois, ou désuète selon les tournures (« Doux comme la soie sont les seins, lourds de lait »), elle ne devient pourtant pas un artefact. Elle donne au roman un charme hors du temps, mais aussi une authenticité. Quignard fait partie de ces rares écrivains à savoir s’emparer d’une époque en lui resituant son charme au travers de la langue, sans pour autant verser dans l’excès de démonstration. Un court roman léger comme le sable, mais qui gratte moins et surtout qui a le charme doucereux des glaces à l’eau.



« L’angoisse du paradis » – Yann Fortier

L’été est le moment idéal pour faire des nouvelles rencontres, avec qui organiser un barbecue par la suite. Mais c’est également le moment idéal pour de nouvelles rencontres littéraires. Et plutôt que de se tourner vers les sempiternels auteurs estivaux, légers, comme Foenkinos, Gavalda, Delerm et consorts, passons l’Atlantique et regardons ce que nous réserve Québec. Pour le lecteur assidu et habitué des maisons d’édition françaises, la première surprise se situe au niveau du design : que ça fait du bien d’avoir un peu de nouveauté en mains ! Déjà le format est inhabituel (il ressemble un peu aux Actes Sud mais en plus petit) et les tons pétillants. Ce qui préfigure un récit détonnant, et cela ne manque pas : il s’agit d’une histoire rocambolesque, loufoque, qui voit Ivan Zolotov quitter son Gorki natal pour suivre le Cirque Volant entre Lyon et Montreux, puis aller à Cuba, et enseigner à Barcelone. Toutes ses pérégrinations sont émaillées d’épisodes surréalistes, drolatiques voire empreints de magie parfois. Mais si le cocktail semble d’emblée détonnant, la progression narrative se fait quelque peu poussive, s’engluant dans l’accumulation de scènes loufoques, trop loufoques. Le surdosage d’adjectifs et d’adverbes donne un côté spectaculaire qui finit par déranger, car on y perd la vue d’ensemble du roman. Comme si l’on assistait finalement à un empilage de scènes humoristiques, sans réelle perspective globale, sans cohérence. Cependant c’est un livre qui plaira à coup sûr aux amateurs de romans décalés, qui préfèrent l’absurde à une trame narrative plus guidée. Peut-être un livre à voir comme une longue succession d’anecdotes. Pour ne pas se prendre au sérieux l’été !


Terrasse à Rome (Grand Prix du Roman de l'Académie française) – 2001
Pascal Quignard
Folio
128 p.
5.40 €
ISBN : 978-2070417162

L’angoisse du paradis – 2015
Yann Fortier
Marchand de feuilles
176 p.
24 €
ISBN : 978-2070417162
« L'assemblée nationale, j'en ai fais un peu le tour » . C'est par ces mots que le 28 juin dernier, Patrick Balkany annonce à la surprise générale qu'il renonce à se présenter aux élections législatives dans les Hauts-de-Seine. Ami de Nicolas Sarkozy, à la tête de la ville de Levallois-Perret depuis 2001 et député Les Républicains des Hauts-de-Seine depuis 2002, le couple Balkany a été mis en examen quatre fois en 2 ans. Entre magouilles et corruption, les Balkany, symbole des politiques « tous pourris » que la droite cherche à évincer ?

Crédit image : SIPA

Les scandales politico-financiers des Balkany

Entaché par diverses affaires de corruption et de blanchiment de fraude fiscale en octobre 2014, Patrick Balkany, cofondateur du RPR, député Les Républicains des Hauts-de-Seine et maire de Levallois-Perret, est depuis janvier à nouveau sous le coup de la justice, pour déclarations mensongères sur son patrimoine. La fin de son immunité parlementaire en mars 2015 permet de mettre en lumière une fortune bien plus importante que celle déclarée. Le couple Balkany, très proche de Nicolas Sarkozy, aurait en effet déclaré des revenus assez faibles comparés au train de vie qu'ils mènent. Le 3 avril dernier, l'enquête menée sur les « panama papers », issu du cabinet panaméen Mossack Fonseca spécialisé dans l'évasion fiscale, révèle que le couple Balkany fait partie des 12 français qui apparaissent dans l'enquête. Un nouveau scandale qui vient encore plus salir l'image déjà peu glorieuse de Patrick Balkany.

Patrick Balkany, talon d'Achille de la droite

Amis d'enfance, Patrick Balkany et Nicolas Sarkozy conservent des liens très forts, liens qui peuvent se révéler gênants pour le chef de file des Républicains. Bien que n'ayant pas encore déclaré sa candidature aux primaires des Républicains, Nicolas Sarkozy est bien entré dans la course. Pour l'ancien président de la République, dont le sulfureux début de mandat et les divers scandales qui l'entourent lui collent à la peau, Patrick Balkany ne fait que rappeler ce passé qu'il veut faire oublier. Classé dans les « politiques pourris » au même titre que Jérôme Cahuzac, Patrick Balkany n'a pourtant pas été exclu de son parti et contraint de se retirer de la vie politique. Un traitement de faveur pour ce mauvais élève de la droite qui les « plombait tous collectivement » d'après un député LR ? Après la validation de sa candidature aux législatives de 2017 dans les Hauts-de-Seine par la commission nationale d'investiture des Républicains, les langues se sont déliées à droite : une décision aussi immorale que choquante pour de nombreuses personnalités à droite. La pétition mise en ligne pour demander le retrait de la candidature du maire de Levallois-Perret a récolté en 5 jours plus 125 000 signatures. Le mardi 28 juin, après l'annonce surprise par Patrick Balkany du retrait de sa candidature, largement aiguillé par Nicolas Sarkozy, c'est le soulagement qui s'est fait ressentir à droite, où l'ombre néfaste des Balkany commençait à se faire sentir.

Nicolas Sarkozy serait-il déterminé à se séparer de cet ami de plus en plus gênant ? Sans doute un sacrifice essentiel à la fois pour son parti et pour sa campagne, qui ne doit pas se laisser envahir par des scandales qui exaspèrent toujours plus les français.